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4 - Comportements d’intimidation et de violence dans le soccer amateur au Québec: la situation des joueurs et des joueuses de 12 à 17 ans inscrits dans un programme sport-études
by Gendron Martin, Université du Québec à Rimouski
Frenette Éric, Université de Laval
Debarbieux Éric, Université de Bordeaux 2
Bodin Dominique, Université de Rennes 2


Theme : International Journal on Violence and School, n°12, September 2011

The purpose of this study was to provide an overview of violence in amateur soccer across Quebec, based on the form of violence (verbal and physical bullying, physical violence) and the role of players involved (witness, victim or aggressor). The Questionnaire d’enquête sur le climat dans le soccer amateur au Québec (Gendron, Debarbieux, Bodin & Frenette, 2006) was completed by 609 players aged 12 to 17 who were enrolled in a soccer-study program. Analyses show that boys exhibit higher levels of violence compared to girls in each form of violence and in each player role. Results are discussed based on available literature.

Keywords : Soccer, violence, intimidation, garçons, filles..

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Introduction

De façon générale, le sport est perçu comme un facteur important de développement personnel et social (Sport Canada, 2002). Les bienfaits de la pratique d’activités physiques et sportives ont fait l’objet de nombreuses études (voir revue de littérature dans Gendron, Royer, Potvin et Bertrand, 2003). En effet, la pratique d’activités physiques offre des bénéfices sur le plan de la santé physique, mentale et sociale (CCES, 2002; Gendron, Royer, Bertrand et Potvin, 2005; Mignon, 2000; Mulvihill, Rivers et Aggleton, 2000; Parfitt et Eston, 2005; Thibault, 2001). Selon un sondage réalisé auprès de jeunes canadiens âgés entre 12 et 21 ans, la grande majorité des répondants mentionne que la pratique du sport améliore leur santé (99 %), favorise les nouvelles amitiés (87 %) et procure une meilleure estime d’eux-mêmes (85 %) (Sport Canada, 2003).

Selon Sport Canada (2008), le soccer est devenu le sport de prédilection des enfants canadiens âgés de 5 à 14 ans. De 31 % en 1998, son taux de participation est passé à 44 % en 2005 auprès de cette population (Sport Canada, 2000, 2008). Parmi les autres sports les plus populaires, il y a la natation et le hockey sur glace (24 %), le baseball (22 %) et le basketball (13 %) (Sport Canada, 2000).

Durant les trois dernières décennies, la Fédération de Soccer du Québec (FSQ) a enregistré une augmentation globale constante de ses membres, pour atteindre en 2008 un total de 192 078 joueurs affiliés (FSQ, 2009a). Fait à noter, entre 1980 et 2008, le membership de la FSQ a progressé de 488 % (FSQ, 2009b). Pour sa part, la Ontario Soccer Association avait en 2008 plus de 384 000 membres affiliés soit une augmentation de 25 % par rapport à 1999 (OSA, 2009). Compte tenu du stade actuel de développement du soccer au Canada, il semble important de vérifier l’état de santé de ce sport. Certes, la culture et la popularité de ce sport au pays ne se comparent pas au culte du foot en Europe ou ailleurs sur la planète. Néanmoins, avec un tel engouement des jeunes pour le soccer au Canada depuis plus de dix ans, le risque que ce sport ne puisse suivre un rythme de croissance aussi soutenu tout en maintenant un développement sain est bien réel. Dans le but de contrer des problèmes récurrents au sein de son sport dans les pays où sa popularité dépasse l’entendement, la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) a mis en place à l’échelle internationale des campagnes majeures contre le racisme et pour la promotion de l’esprit sportif (Fair-play) au soccer (FIFA, 2009). Au Canada, le retard que nous avons sur le développement du soccer constitue un avantage du fait que ce type d’obstacles à la croissance d’un sport peut être anticipé et prévenu jusqu’à un certain point si des interventions précoces sont réalisées.

Problématique

Depuis plusieurs années, la violence et ses différentes formes représentent une problématique sociale importante qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans le discours politique et médiatique (Bufacchi, 2005; Debarbieux, 2006). La situation est particulièrement préoccupante surtout du fait que cette violence touche directement les jeunes à l’école et dans leurs activités parascolaires. Depuis deux décennies, la société nord-américaine est considérée de façon générale plus violente et le phénomène se reflète aussi en sport (Brunelle, Janelle et Tennant, 1999; CPAT, 2001; Jamieson et Orr, 2009; Shields, 1999; Weinberg et Gould, 1997). Selon Weinberg et Gould (1997), une distinction s’impose entre de la bonne agressivité, soit de la combativité (Ex. : plonger pour récupérer un ballon au volleyball, effectuer un tackle sur le ballon pour éviter une échappée d’un adversaire au soccer) et de la mauvaise agressivité, soit une action antisportive voire violente (Ex. : commettre une faute flagrante au basketball, frapper un adversaire à deux mains avec son bâton d’hockey sur glace). En fait, le phénomène de la violence dans le sport n’est pas nouveau (Coakley et Pike, 2009) et il n’est que le reflet de sa présence dans la société en général (Jamieson et Orr, 2009). Dans plusieurs sports, l’intimidation et la violence observées constituent un problème sérieux (Bodin, 2001; Brunelle et al., 1999; Conroy, Silva, Newcomer, Walker et Johnson, 2001; Kerr, 2005; Margolis, 1999; Shields, 1999). Les experts dans le domaine proposent des définitions, des typologies et des caractéristiques différentes pour circonscrire la violence en milieu sportif, ce qui rend plus complexe l’étude du phénomène (Coulomb et Pfister, 1998). D’après Sport Québec (2007, p.1), […] la violence dans le sport peut être définie comme étant une agression physique, verbale ou psychologique ayant pour but de blesser, de faire mal ou d’intimider une personne dans une situation où ce comportement n’a aucun lien avec les règlements et les objectifs de compétition du sport.

Plusieurs théories tentant d’expliquer les mécanismes de l’agression furent proposées au fil des années (Cox, 2005). Mentionnons simplement que celles-ci peuvent être regroupées en quatre catégories : la théorie de l’instinct, la théorie de l’apprentissage social de Bandura, la théorie du raisonnement moral de Bredemeier et la théorie de la frustration-agression reformulée de Berkowitz (pour la description de ces théories, réf. au chapitre 20 dans Cox, 2005 et au chapitre 25 dans Weinberg et Gould, 1997). Parmi celles-ci, la théorie de l’apprentissage social (Bandura, 1986) représente une avenue intéressante dans le cadre de la présente étude du fait que le soccer progresse dans la culture sportive canadienne, à l’image du hockey sur glace dans les dernières décennies. À propos de cette théorie, Cox (2005) stipule que :

[…] l’agression est une fonction de l’apprentissage et ce phénomène ne saurait s’expliquer par une pulsion biologique et la frustration. […] Par exemple, Smith (1980) prétend que la violence existant dans le hockey sur glace est due au phénomène d’imitation. Les jeunes joueurs apprennent à être agressifs en regardant à la télévision ou dans les patinoires les matches de leurs idoles, les professionnels. Tant que les actes d’agression seront tolérés dans les sports professionnels, les enfants continueront de s’inspirer des comportements agressifs de leurs modèles. (pp.257-258)

Dans les 10 dernières années en Amérique du Nord, le soccer professionnel a été rendu accessible aux amateurs, jeunes comme adultes, par l’entremise de nouvelles ligues professionnelles et de la télédiffusion de matches et de championnats auxquels participent les idoles tant régionales qu’internationales des jeunes joueurs de soccer québécois. Conséquemment, la théorie de l’apprentissage social de Bandura (1986) prend tout son sens dans ce contexte d’exposition par voie d’observation.

La violence dans le sport professionnel et le sport amateur

Des débordements se produisent régulièrement dans le sport sur le plan de manquements aux règles du jeu, mais aussi de gestes illégaux ou antisportifs prenant la forme de violences diverses (Bodin et Debarbieux, 2001; Collard, 2004; Cox, 2005; CPAT, 2001; Guivernau et Duda, 2002; Jamieson et Orr, 2009; Kavussanu, Seal et Phillips, 2006). Voici des exemples de gestes déplorables qui ont fait l’actualité sportive dans les dernières années : au soccer, le coup de boule de Zinédine Zidane asséné à Marco Materazzi lors de la finale de la Coupe du monde en 2006 (Rouquette, 2006); au hockey sur glace de la Ligue Nationale de Hockey (NHL), l’agression par derrière du joueur d’avant des Canucks de Vancouver Todd Bertuzzi contre Steve Moore de l’Avalanche du Colorado (Kerr, 2006; NHL.com, 2004) ainsi que le violent coup de bâton de Chris Simon des Islanders de New York assené à la gorge d’un adversaire (CBC.ca, 2007); au basketball, une mêlée générale sans précédent entre les Pistons de Détroit et les Pacers de l’Indiana, où des assauts entre joueurs adverses ainsi qu’entre joueurs et spectateurs ont entraîné l’interruption d’une partie de la NBA (ESPN.com, 2004). Ce ne sont là que quelques exemples médiatisés tirés du sport professionnel. Dans les faits, à chaque jour, des officiels sportifs partout dans le monde rapportent des incidents du genre dont la majorité ne nécessite pas une intervention policière ou médicale mais pour certains, l’altercation tourne à la violence (Cox, 2005; Kerr, 2005; Margolis, 1999). Annuellement le National Association of Sports Officials  reçoit plus d’une centaine de rapports d’incidents de violence physique impliquant des entraîneurs, des joueurs, des officiels ou des spectateurs, ce qui serait selon son président que la pointe de l’iceberg (NASO, 2008).

La majorité des cas rapportés ont lieu dans des sports de contacts durs (ex. : hockey sur glace, rugby, football américain) et des sports de semi-contacts (ex. : basketball, soccer, waterpolo) (Shields, 1999). Selon le sport, l’âge, le genre, l’expérience et le niveau d’excellence visé par les joueurs, le recours à la violence de façon stratégique est souvent encouragé dans le but d’accéder à la victoire (Coulomb et Pfister, 1998; Coulomb, Rascle et Pfister, 1999; Kavussanu et al., 2006). Non seulement l’agressivité (réf. anger) et l’agression sont acceptées comme inhérentes au sport, mais leur recours encouragé et provoqué afin d’augmenter la performance athlétique (Brunelle et al., 1999; Mintah, Huddleston et Doody, 1999; Shields, 1999). Debarbieux (2008, p.3) ajoute en citant des sources européennes que le sport, particulièrement le football (réf. soccer), serait gangréné par la violence et que cette violence serait un véritable fléau. Nombreux sont les joueurs ne cotissant pas la violence, mais qui finissent généralement par accepter sa présence (Mintah et al., 1999) et y avoir recours pour maintenir ou améliorer leur statut au sein de l’équipe tout en gagnant en popularité auprès des spectateurs (Jamieson et Orr, 2009; Shields, 1999). Sans vouloir en faire son procès ici, soulignons tout de même que le sport fait place au  sport spectacle là où les enjeux, les attentes de performance et de gains monétaires augmentent constamment (Margolis, 1999; Sport Québec, 2007). Par ailleurs, l’identification aux équipes sportives professionnelles peut constituer une influence majeure dans la vie d’un individu (Fernquist, 2000), et ce n’est pas un secret de polichinelle que les jeunes sportifs de catégories récréative à élite s’inspirent de leurs équipes et de leurs héros professionnels (Conroy et al., 2001; Cox, 2005; Grosz, 2004).

La violence dans le soccer amateur

Le phénomène de la violence dans le sport amateur a fait l’objet de plusieurs études (Coulomb et Pfister, 1998; Hennessy et Schwartz, 2007; Lemyre, Roberts et Ommundsen, 2002; Mintah et al., 1999; Stephens, 2000; Voight et Callaghan, 2006). Par exemple, l’étude de Shields (1999) ayant pour but d’examiner les types de violence et d’intimidation dans divers sports pratiqués à l’école secondaire, conclut qu’il y a présence de violence dont les taux varient selon le sport (basketball, football américain, soccer) et le type de comportements (intimidation verbale et physique, violence physique).

En effet, les entraîneurs, les officiels, les dirigeants et les parents semblent se préoccuper de plus en plus de gestes d’intimidation et de comportements antisportifs émergeants autour du sport. Thibault (2001) ainsi que Lemyre et coll. (2002) partagent cette préoccupation en précisant que la pratique du sport ne favorise pas toujours l’adoption de comportements sociaux sains. Bien encadré, le sport permet à ses participants d’acquérir de bonnes valeurs et de nombreux bénéfices (Cox, 2005; Gendron et al., 2003; Parfitt et Eston, 2005). En contrepartie, mal encadré, il peut être le lieu de débordements et d’atteintes à l’intégrité de la personne (Collard, 2004; Dugas, 2008; Weinberg et Gould, 1997). Mais, selon Bodin (2001), le sport entretient également l’ambiguïté : […] un lieu d’apprentissage de l’autocontrôle des comportements et des pulsions […] l’insertion et la socialisation des jeunes « sauvageons » des banlieues, un espace d’apprentissage de la citoyenneté, du fair-play, mais il est aussi un lieu où la violence physique se donne à voir, sur le terrain comme aux abords des stades, un système social où se reproduisent des inégalités (domination masculine, exclusion des handicapés…) […] (p.11).

Certains gestes sont inhérents à leur sport, d’autres non, mais tous peuvent avoir des conséquences sur la qualité de vie et le développement des individus impliqués, de là l’importance de s’y intéresser (Thibault, 2001). Dugas (2008, p.67) mentionne que […] certaines enquêtes de terrain révèlent qu’elle [la violence] peut rendre plus agressif, antagoniste et incivil, que paisible, coopératif et altruiste. Au regard de telles conceptions aussi tranchées, comment, juger de la pertinence de la pratique du sport dans l’éducation d’un individu?

Le foot connaît une popularité sans précédent et ne cesse de progresser auprès des jeunes y compris en Amérique du Nord. Cela dit, le Canada et le Québec ne semblent pas pouvoir échapper à cette vogue ainsi qu’à l’émergence des problématiques gravitant autour de ce sport. Nombre d’auteurs rapportent que le soccer est le lieu de violences entre joueurs d’âge mineur (Brunelle et al., 1999; Gendron, Debarbieux, Bodin et Frenette, 2007; Shields, 1999). Les études portant sur le sujet proviennent majoritairement d’Europe (ex.: Coulomb, Rascle et Souchon, 2005; Kavussanu et al., 2006; Lemyre et al., 2002) et des États-Unis (ex.: Guivernau et Duda, 2002; Shields, 1999). Par exemple, l’Observatoire des Comportements mis sur pied par la FFF et la LFA en France a recensé en 2008-2009 parmi 709 734 matches de football amateur 11 551 matches marqués par des incidents (FFF, 2009). Ce pourcentage 1,63 % des matches est minime  mais c’est […] forcément trop dans le cadre d’un sport sensé être avant tout un jeu […] (FFF, 2009, p.33). La revue de littérature effectuée ne fait état d’aucune étude réalisée ni au Québec, ni ailleurs au Canada, sur les comportements antisportifs ou d’agression au soccer amateur.

Au Québec et au Canada, le phénomène de la violence dans le sport a toutefois fait l’objet d’une attention particulière dans le sport national que constitue le hockey sur glace. En effet, le hockey a été extrêmement populaire auprès des jeunes joueurs dans les années 70 et 80. À partir de la fin des années 70, le niveau élevé et inacceptable de violence et de mauvais esprit sportif au hockey ainsi que les blessures y étant associées furent l’objet d’une dénonciation publique (CASM, 1988, p.1). Coïncidence ou pas, ce sport a été déserté par les jeunes joueurs dans les années 80 et 90 pour un ensemble de raisons associées à son jeu et son environnement (Bernard, 2003; CPAT, 2001). Plus particulièrement, la fréquence d’incidents de violence sur la glace entre joueurs ainsi que l’implication d’adultes dans des altercations chez les spectateurs et autour des arénas ont été identifiés comme des facteurs explicatifs de la chute drastique de la participation. Pourtant, les dirigeants de ce sport fédéré avaient instauré des règles afin que le hockey se pratique sans contact chez les jeunes (CASM, 1988). Récemment, des incidents déplorables comportant des scènes de violence sur la glace ont convaincu le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) et les dirigeants de la Ligue de Hockey Junior Majeur du Québec (LHJMQ) de mandater un comité consultatif afin de radier toutes formes de violence lors des matchs (LHJMQ, 2008). L’exemple du hockey sur glace pose de sérieuses questions sur la santé d’un sport en pleine ascension, situation dans laquelle se trouve actuellement le soccer au Québec.

Des problèmes d’ordre théorique et méthodologique limitent souvent la portée des études sur la violence dans le sport pour cause d’inconsistance dans les définitions retenues et les choix méthodologiques (Coulomb et Pfister, 1998). Selon Debarbieux (2008) et Sport Québec (2007), il n’existerait pas de mesure réelle et fiable dans la plupart des pays pour indiquer la variation des taux de violence dans les sports. Dans le contexte de l’absence d’études sur la violence dans le soccer au Québec et de la rareté de celles ayant trait aux rôles participatifs des joueurs face aux diverses formes de violence, il semble pertinent de s’y intéresser dans une perspective de prévention. Quel est le climat actuel prévalant dans le soccer amateur au Québec chez les joueurs de 12 à 17 ans et quelles conclusions peut-on tirer face à la santé de ce jeune sport en poussée de croissance fulgurante sur le continent nord-américain?

But de la recherche

La présente étude vise à dresser un portrait de la situation de la violence dans le soccer (voir football européen) volet sport-études au Québec. Afin de pallier les limites mentionnées, la présente recherche repose sur une définition de la violence acceptée dans la littérature (Shields, 1999) et sur un questionnaire élaboré en concordance avec cette définition. La prévalence et la fréquence des comportements de violence au soccer seront présentées en fonction du rôle du joueur (témoin, victime et agresseur), et ce, pour trois types de violence (intimidation verbale, intimidation physique et violence physique). Par la suite, les résultats seront ventilés afin de tracer un bilan des différences et des similitudes entre les garçons et les filles quant aux comportements violents dans le soccer.

Méthodologie

Le questionnaire

Le Questionnaire de l’Enquête sur le Climat dans le Soccer Amateur (QECSA) version joueur 12-17 ans (Gendron, Debarbieux, Bodin, et Frenette, 2006) utilisé dans cette recherche est inspiré de la théorie de l’apprentissage social de Bandura (1986). Le QECSA traite de plusieurs variables contextuelles dont les cinq principales sont : (1) types de violence, (2) rôle du joueur face à la violence, (3) lieux d’apparition de la violence, (4) importance du respect des règles du jeu et (5) importance de l’esprit sportif. La présente recherche porte sur les deux premières variables contextuelles soit les types de violence et le rôle du joueur face à la violence.

Les joueurs devaient évaluer 11 comportements répartis selon trois types de violence : intimidation verbale, intimidation physique et violence physique (Shields, 1999). L’intimidation verbale (IV) est estimée à partir de quatre comportements : moquerie ou sarcasme, insulte, parole ou geste raciste et menace verbale. Quant à l’intimidation physique (IP), elle est appréciée à partir de quatre comportements : geste impoli ou menaçant, bousculade volontaire, feinte de donner un coup et crachat. La violence physique (VP) est évaluée à partir de trois comportements : tackle dangereux, coup de poing ou de coude et coup avec intention de blesser. Les joueurs devaient indiquer au cours de la dernière année l’occurrence de chacun des 11 comportements sur une échelle en cinq points : jamais (0 fois), rarement (1 à 2 fois), quelquefois (3 à 6 fois), souvent (7 à 11 fois), très souvent (12 fois et plus). Cette procédure était répétée trois fois en fonction du rôle du joueur face à la violence : témoin (TÉ), victime (VI) et agresseur (AG).

La collecte des données

La collecte des données a eu lieu en mars 2007 auprès des 11 sites offrant un programme sport-études en soccer dans la province de Québec. Un total de 609 joueurs de soccer élites, garçons et filles, âgés entre 12 et 17 ans, inscrits dans un tel programme a répondu au questionnaire (voir Tableau I). Ce type de programme reconnu est mis en place en partenariat entre le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport et les fédérations sportives pour favoriser la croissance personnelle de l’athlète-élève à travers une recherche de l’excellence sportive (MELS, 2008). La reconnaissance signifie que les élèves sont admissibles à un soutien financier du gouvernement par une aide à la pension et au transport et que les entraîneurs sont certifiés niveau 3 du Programme National Certification des Entraîneurs (MELS, 2008). Dans le cadre de la présente étude, le participant est un athlète-élève ayant atteint un niveau d’excellence athlétique nécessitant un degré d’entraînement et de compétition d’au moins 15 heures par semaine supervisé par des entraîneurs certifiés. La participation des joueurs s’est faite sur une base volontaire suite à l’obtention du consentement parental. Les joueurs ont rempli le QECSA version joueur 12-17 ans (Gendron et al., 2006) durant les heures de classe. Une caractéristique importante du présent échantillon est le pourcentage élevé de joueuses qui à 39 % est en tout point représentatif de la population québécoise des joueuses fédérées depuis 2005 (FSQ, 2009a, 2009b). Pour fin de comparaison, parmi les 2 225 595 de joueurs licencié(e)s en France, seulement 2,7 % sont de sexe féminin (FFF, 2010).

Analyses statistiques

Pour chaque rôle du joueur (TÉ, VI, AG) face à la violence, les résultats sont présentés selon deux approches : la prévalence et la fréquence des trois types de violence (IV, IP, VP). La prévalence désigne le pourcentage de joueurs qui ont mentionné la présence au cours de la dernière année d’au moins un comportement associé à chacun des types de violence. La fréquence indique le nombre moyen de comportements associés à chacun des types de violence au cours de la dernière année. Pour ce faire, les points milieux de chacune des catégories (0, 1.5, 4.5, 9 et 15) sont utilisés. Pour chacun des types de violence, et ce, pour chacun des trois rôles, le niveau de consistance interne, estimé à partir du ? de Cronbach, est considéré acceptable à satisfaisant variant de ,62 et ,87. Un seul comportement présente une corrélation item-total corrigée inférieure au seuil de ,30 recommandé (Crocker & Algina, 1986). Ce comportement fait référence au crachat et présente une faible prévalence. Par conséquent, il a été retiré des analyses subséquentes.

Les résultats concernant la prévalence et la fréquence sont présentés pour l’ensemble des joueurs et selon le genre. Le test t ou t’ de Student selon le respect de l’homogénéité des variances ou non (Glass & Hopkins, 1996, chapitre 12) est utilisé afin d’identifier les différences selon le genre.

Résultats

Les résultats concernant la prévalence et la fréquence des trois types de violence selon l’ensemble des joueurs et le genre à partir de la perception du joueur en tant que témoin sont présentés au Tableau II. La prévalence pour l’ensemble des joueurs indique que 75 % d’entre eux ont mentionné avoir été témoins, à au moins une reprise au cours de la dernière année, d’au moins un des quatre comportements associés à l’échelle d’intimidation verbale (IV). La prévalence pour les trois types de violence est d’un ordre de grandeur comparable pour l’ensemble des joueurs (entre 75 % et 76 %), ainsi que pour les garçons (entre 75 % et 76 %). En ce qui concerne les filles, la prévalence de la VP (79 %) est plus élevée que celles de l’IV (72 %) et de l’IP (73 %). Les résultats des comparaisons selon le genre pour chacun des types de violence n’indiquent aucune différence.

La valeur de 4,66 sous fréquence pour l’IV (voir Tableau II) indique qu’en moyenne, au cours de la dernière année, les joueurs ont été témoins de 4,66 comportements de chacun des quatre indicateurs associés à ce type de violence. Ce nombre moyen de comportements pour l’IV est plus élevé que pour l’IP (4,39) et la VP (3,98). Ce continuum selon les trois types de violence est aussi présent chez les garçons que chez les filles. Les résultats des tests t ou t’ pour chacun des types de violence indiquent des différences entre les garçons et les filles. Les comparaisons selon le genre révèlent que les garçons ont tendance à être plus souvent témoins d’IV et d’IP que les filles.

Au Tableau III sont présentés les résultats concernant la prévalence et la fréquence des trois types de violence en regard de la perception du joueur en tant que victime selon l’ensemble des joueurs et le genre. La prévalence pour l’ensemble des joueurs montre que 53 % d’entre eux ont mentionné avoir été victime, à au moins une reprise au cours de la dernière année, d’au moins un des quatre comportements associés à l’échelle d’IV. La prévalence pour l’IV et l’IP est d’un même ordre de grandeur, et ce, pour l’ensemble des joueurs (entre 53 % et 54 %), les garçons (56 %) et les filles (entre 48 % et 50 %). Dans les trois cas, la prévalence de la VP est la plus élevée. Les résultats des tests t ou t’ pour chacun des types de violence révèlent que les garçons déclarent être plus souvent victimes d’IV et d’IP que les filles.

La fréquence pour l’ensemble des joueurs indique qu’en moyenne, au cours de la dernière année, les joueurs ont été victimes de 2,14 comportements de chacun des quatre indicateurs associés à l’IV. Ce nombre de comportements moyen pour l’IV est plus faible que pour l’IP (2,36) et la VP (2,46). Ce continuum selon les trois de violence est aussi obtenu chez les filles. Cependant chez les garçons, aucune différence n’est remarquée entre le nombre moyen de comportements d’IP et de VP. Les résultats des tests t ou t’ pour chacun des types de violence n’indiquent aucune différence selon le genre.

Les résultats concernant la prévalence et la fréquence des trois types de violence selon la perception du joueur en tant qu’agresseur sont présentés au Tableau IV, et ce, selon l’ensemble des joueurs et le genre. À au moins une reprise au cours de la dernière année, les joueurs ont indiqué avoir effectués au moins un des quatre comportements associés à l’échelle d’IV dans un ordre de 46 %. La prévalence pour les trois types de violence est d’un ordre de grandeur comparable selon l’ensemble des joueurs (entre 43 % et 46 %), ainsi que selon les filles (entre 41 % et 43 %). En ce qui concerne les garçons, la prévalence de l’IV (49 %) est plus élevée que celles de l’IP (47 %) et de la VP (43 %). À la lumière des résultats comparant les genres pour chacun des types de violence, il ressort que la seule différence se trouve sur le plan de l’IV où les garçons mentionnent l’effectuer plus souvent que les filles.

La valeur de 1,73 sous fréquence pour l’VP (voir Tableau IV) indique qu’en moyenne, au cours de la dernière année, les joueurs ont effectué 1,73 comportement au cours de la dernière année de chacun des quatre indicateurs associés à la VP. Ce nombre de comportements de VP est plus faible que pour l’IV (1,88) et l’IP (2,14). Ce continuum selon les trois de violence est aussi obtenu chez les garçons. Cependant chez les filles, l’IV (1,55) présente le nombre moyen de comportements le plus faible suivi de la VP (1,65) et de l’IP (1,90). Les résultats des tests t ou t’ pour chacun des types de violence indiquent une différence selon le genre. En effet, les garçons ont mentionné effectuer un nombre plus élevé de comportements d’IV que les filles.

Discussion

Tout d’abord, mentionnons qu’au Québec, il y a un phénomène de démocratisation du soccer, un sport traditionnellement masculin. En effet, comparativement à d’autres pays, la présence d’un grand nombre de joueuses au niveau amateur est particulière. En France en 2008-2009, les joueuses représentaient 2,7 % de tous les joueurs licenciés (FFF, 2010). Alors qu’au Québec pour la même période, les filles constituaient 39 % au total des 192 078 joueurs fédérés (FSQ, 2009a). Bodin et Debarbieux (2001) rappellent que plusieurs sports dont le soccer sont restés fermés aux femmes jusque dans les années 1970 et que […] loin des clichés habituels d’un sport porteur d’un grand nombre de vertus, capable de favoriser l’insertion, la socialisation ou l’apprentissage d’un comportement citoyen, le sport reproduit bien souvent les inégalités sociales […] (p.24). Au delà des différences selon le genre émanant de la présente étude, l’échantillon représentatif de la population des 39 % de filles de 12 à 17 ans pratiquant le soccer au Québec montre que ces dernières évoluent normalement dans ce sport en ayant recours aux mêmes types de comportements que les garçons et cela, pour le meilleur et pour le pire.

Systématiquement, lorsqu’il y a des différences significatives dans les résultats selon le genre, les joueurs masculins obtiennent des scores moyens plus élevés que leurs homologues féminins. La littérature et les études dans le domaine sportif tendent généralement à attribuer un niveau d’agressivité plus élevé aux garçons (Coulomb et al., 2005; Guivernau et Duda, 2002). Pour l’étude de Guivernau et Duda (2002) réalisée auprès de 194 joueurs féminins et masculins de 13 à 19 ans, les résultats quant à des différences selon le genre pour des comportements d’agression et d’infraction aux règles du jeu sont plus mitigés malgré que le cadre théorique établi par les auteurs fait état de taux plus élevés de comportements agressifs chez les garçons. L’étude de Coulomb et coll. (1999) réalisée auprès de joueurs adultes de 20 à 35 ans en vient à des conclusions plus directes : Les hommes émettent davantage de comportements d’agression de nature instrumentale et hostile que les femmes […] (p.41). Une recension de 94 études faite par Maccoby et Jacklin (1974, dans Coulomb et al., 1999) rapporte que 52 montraient que les joueurs masculins sont plus agressifs que les joueuses, 5 rapportaient l’inverse et que 37 ne démontraient aucune différence entre les genres. Parmi les hypothèses explicatives pour ce phénomène, plusieurs auteurs ont étudié la différence entre les genres sous l’angle de la perception de légitimité des comportements agressifs en sport (Conroy et al., 2001; Coulomb et al., 1999; Coulomb et al., 2005, Kavussanu et al., 2006). De façon générale, les joueurs masculins rapportent des seuils de tolérance à l’agression plus élevés que ceux de sexe féminin (Conroy et al., 2001). Selon Coulomb et coll. (1999), […] les filles tendent à accorder davantage d’importance au fair-play […] et à accepter moins de comportements illicites comme légitimes que leurs homologues masculins […] On peut donc s’attendre à ce que les femmes, en sports collectifs, émettent moins de comportements d’agression que les hommes (p.34). En effet, dans un contexte sportif, il y a aussi des éléments de preuve grandissants quant au recours plus fréquent et à la perception masculine de légitimité d’actes d’agression non retrouvés chez la gente féminine (Coulomb et al., 2005).

Par ailleurs, les résultats selon les trois types de violence démontrent peu ou pas de différence selon le genre pour les échelles IP et VP. Malgré les stéréotypes, il existe des différences significatives entre garçons et filles à l’échelle d’intimidation verbale (IV), particulièrement dans le rôle de l’agresseur (fréquence et prévalence) et cela, en faveur des joueurs masculins. Au delà de l’importance accordée par les filles au fair-play (réf. esprit sportif), ce résultat de violence verbale plus élevée chez les garçons, défiant un mythe de société, provoque un certain questionnement. En dehors du contexte sportif, les violences diffèrent selon le genre, mais sont toujours plus fréquentes chez les garçons surtout dans le rôle de victime de violence physique et en tant qu’auteurs de violences diverses (Choquet, 2000). Selon l’étude de Choquet (2000), les résultats obtenus sont cohérents avec les enquêtes internationales et ceux-ci confirment la sur-représentation de l’implication des garçons face aux conduites violentes en précisant toutefois que l’écart entre les genres est moindre pour la violence à nature colérique (réf. verbale, psychologique). À titre d’hypothèse explicative, peut-on penser que les filles auraient développé un seuil de tolérance plus élevé pour l’intimidation verbale que pour les autres formes de violence présentes en milieu sportif? Est-ce que les résultats divergents entre le contexte sportif de la présente étude et les études faites en milieu scolaire par rapport aux tendances dans les différences selon le genre peuvent être expliqués par des composantes sportives spécifiques telles que les habiletés physiques, la technique ou la tactique (innée, acquise ou apprise) au fil des années de pratique?

Aussi, le contexte de programme sport-études, duquel sont issus les participants, incite à comparer les taux d’exposition à la violence en milieu sportif et scolaire. Considérant que les différences de méthodologies et d’instruments de mesure, il est toutefois permis d’examiner les tendances des données de la présente étude en milieu sportif et celles de l’étude de Janosz et coll. (2004, dans Bélanger, Gosselin, Bowen, Desbiens et Janosz, 2006) réalisée auprès de 57 684 adolescents de 97 écoles secondaires du Québec. Selon cette étude, le pourcentage de jeunes rapportant avoir été victimes de menaces verbales au moins une fois depuis le début de l’année scolaire est de 38,9 % pour les garçons et 29,8 % pour les filles alors que pour les attaques physiques le taux est respectivement de 24,1 % et de 8,8 %. En plus des catégories de comportements un peu différentes selon l’étude (menaces verbales vs intimidation verbale), la période indéterminée couvrant l’exposition des élèves à la violence (réf. depuis le début de l’année scolaire) n’est pas en tout point comparable à celle précisée dans notre étude (réf. Durant les 12 derniers mois). Malgré cela, la tendance est au fait que les joueurs de soccer rapportent une fréquence plus élevée de victimisation que les élèves à l’école et que les garçons enregistrent des taux de victimisation plus élevés que les filles. Une seule exception survient, soit une différence en faveur des joueuses de soccer qui rapportent un taux de victimisation plus élevé lié à de la violence physique que leurs homonymes masculins, ce qui n’est pas le cas en contexte scolaire pour l’étude de Janosz et coll. (2004, dans Bélanger et al, 2006). Ce résultat inattendu de violence physique plus élevé au soccer chez les filles pourrait être expliqué, selon l’interprétation des experts en soccer, par le cumul deux comportements dans un seul item de l’échelle (coup de poing ou coup de coude). Avec le recul, le choix de regrouper ces comportements dans un item s’est avéré nuisible malgré le rationnel initial ayant inspiré cette décision méthodologique. Fait à noter, il existe un comportement très fréquent d’obstruction au soccer qui consiste pour un joueur à sortir le coude à la hauteur de la poitrine pour ralentir l’avancement d’un adversaire se déplaçant dans la même direction. À ce sujet, la constitution corporelle de l’adolescente et plus particulièrement la zone sensible de la poitrine pourrait être à l’origine d’une plus grande dénonciation de la part des joueuses de sexe féminin. Or, cette hypothèse explicative resterait à être validée lors d’une étude ultérieure.

Conclusion

La présence du phénomène de l’intimidation et de la violence au soccer chez les joueurs de 12 à 17 ans au Québec ne fait aucun doute. Les comparaisons entre les taux rapportés en milieu scolaire et sportif ne peuvent être faites sans restriction de par des méthodologies trop différentes. À partir d’un échantillonnage unique tiré d’un programme sport-études, il serait intéressant d’étudier les comportements d’un adolescent selon les contextes dans lesquels il œuvre au quotidien, l’école et le soccer. Une donnée surprenante nécessitera sûrement une attention particulière dans la compréhension du phénomène de violence au soccer, soit celle que 25 % des joueurs affirment n’avoir jamais été témoin durant les 12 derniers mois d’aucun des 11 comportements antisportifs formant les trois échelles d’intimidation et de violence associées à ce sport. Sans avoir de réponse formelle, il y a lieu de se questionner à savoir si ces joueurs n’ont pas un seuil de tolérance trop élevé face à la violence, une peur de ternir le sport ou peut-être un fort sentiment de désirabilité sociale. La présence marquée des filles est certes un aspect culturel dont peu de collectivités peuvent se vanter de compter. La littérature servant à étudier les différences selon les genres en soccer représente une denrée rare que nous souhaitons documenter par la présente étude considérant la fluctuation constante de la participation des filles dans le soccer comme dans les sports en général.

L’influence grandissante des élites et du soccer professionnel de plus en plus médiatisé en sol nord-américain en tant que modèle que les jeunes de tous les niveaux cherchent à imiter (Shields, 1999) doit être considérée comme un facteur important dans l’évolution de la culture du soccer au Québec. Les agents d’éducation, tant les dirigeants, les entraîneurs que les enseignants, doivent tenir compte dans l’élaboration de leur encadrement. Le programme sport-études propose un contexte privilégié de pratique sportive avec les structures, les ressources et les leviers dont disposent le milieu scolaire et son partenaire du milieu sportif représenté par la Fédération de soccer du Québec. Cette union possède présente un potentiel intéressant pour faire de la prévention face à la violence dans le but de former des sportifs accomplis et de jeunes citoyens responsables. Pour se faire, l’entraîneur a un rôle déterminant à jouer dans l’adoption d’attitudes et de comportements (Shields, 1999). L’implantation de programmes d’intervention sur le développement de l’esprit sportif et le sens moral chez les athlètes semble être une avenue à privilégier (Guivernau et Duda, 2002). À cet effet, l’utilisation des jeux de rôles est particulièrement efficace pour que les athlètes puissent apprendre à contrôler leur hostilité et leur colère (Cox, 2005). Patrick Wincke, responsable de l’Observatoire des Comportements conclue en disant : Sensibilisation, responsabilisation, information et prévention, autant de moyens de lutter contre la violence et les incivilités (cité dans FFF, 2009, p.37).

Rares sont les enquêtes sur le sujet ayant eu recours à un questionnaire auto-révélé chez les jeunes. Ceci constitue à la fois une particularité, mais aussi une limite à prendre en compte. Il serait intéressant de comparer les scores rapportés par les joueurs par ceux d’entraîneurs ou de parents afin de mesurer la portée des données recueillies. L’échantillon modeste par rapport au nombre de joueurs de soccer fédérés en province a toutefois l’avantage de regrouper plus de 95 % des élèves inscrits dans ce programme sport-études au Québec. Dans une publication future, des échantillons complémentaires de niveaux de jeu A-AA-AAA s’ajouteront afin de les comparer entre-eux, en augmentant le N tout en tentant d’identifier les étapes marquantes, les coupures ou les tendances en fonction d’âges ou de niveaux de jeu précis.



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