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Mars 2008 - n°5
Numéro spécial : Sport et Violence

Summary


Editorial
Dominique Bodin, Université Européenne de Bretagne, LARES-LAS

Des douleurs physiques socialisantes
Notre contribution propose de restituer quelques résultats d’une recherche qualitative sur les traitements possibles de la délinquance juvénile. La thèse défendue postule que l’expérience partagée de la douleur physique - conduite jusqu’à la limite – contribue à restaurer chez les mineurs délinquants la disposition à l’empathie qui semble leur faire défaut. Les activités physiques et sportives, considérées comme éléments déclencheurs de cette douleur physique socialisante, servent de support à cette expérimentation.
Omar Zanna, Université du Maine


Le combat libre : quel(s) effet(s) sur les jeunes ?
Le Centre d’Activités Sportives de Roubaix propose des pratiques sportives dites « à risque » pour favoriser l’insertion de jeunes en difficulté. Cet article tente de restituer l’utilisation paradoxale du combat libre comme outil de formation, en particulier sur le contrôle des émotions et sur l’apprentissage des éléments suivants : code du fair-play, respect de l’adversaire, règles de vie en groupe, régularité. Il présente les débuts d’une démarche d’évaluation de ces actions à l’aide d’un questionnaire.
Béatrice Carnel, FSSEP, Lille2, laboratoire Education et Intervention
Vincent Masschelein, Centre d'Activités Sportives de Roubaix (CAS)
Olivier Boutoille, Centre d'Activités Sportives de Roubaix (CAS)



Les representations de la responsabilité sportive et quotidienne d'adolescents sportifs institutionnalisés
La pratique sportive institutionnalisée (« de club ») est souvent présentée comme un lieu de socialisation à part entière où les jeunes participants peuvent faire l’apprentissage de la responsabilité. Mais de quel type de responsabilité s’agit-il ? Cette étude s’est appuyée sur une méthodologie qualitative basée sur des entretiens auprès d’adolescents sportifs. Les résultats montrent que cette population avance des représentations fonctionnelles de la responsabilité tournées vers la performance, parfois violentes, et comprenant peu d’éléments d’ordre moral. Ces résultats sont interprétés au regard de la socialisation sportive qu’ils connaissent, à savoir une socialisation basée sur l’institutionnalisation.
Thierry Long, Nathalie Pantaleon et Lionel Faccienda, Université de Nice – Sophia-Antipolis, Laboratoire S2RS, « Sport, Représentations et Régulations Sociales » (JE 2442),


Sport et effets éducatifs à l'école : de la violence à l'agressivité motrice
Il est souvent courant de partager l'idée selon laquelle la pratique du sport contribue au bien être de l'individu agissant ou qu'elle engendre un effet cathartique et pacificateur. A contrario, certaines enquêtes de terrain révèlent qu'elle peut rendre plus agressif, antagoniste et incivil, que paisible, coopératif et altruiste. Au regard de telles conceptions aussi tranchées, comment, juger de la pertinence de la pratique du sport dans l'éducation d'un individu ? A l'aide de la théorie des jeux, d'une analyse systémique de la logique interne des pratiques sportives et d'expériences de terrain, nous tenterons de montrer que selon le type d'action motrice engagé, les effets éducatifs diffèrent. Pour illustration, nous révèlerons, entre autres, que l'agressivité motrice qui se déploie au cours de certains duels sportifs, n'est pas forcément synonyme de violence et que l'on peut, au contraire, en retirer un bénéfice sur le plan éducatif.
Eric Dugas, Université Paris Descartes, Axe 5 du GEPECS, EA 3625



Sport, conation, dispositifs d’insertion et gestion de la violence institutionnelle
Une étude a été réalisée dans le cadre du projet européen « Job & Sport : l’intégration par le sport des jeunes défavorisés sur le marché du travail ». Cinq pays européens y ont participé. L’objectif de ce projet était d’intégrer les jeunes défavorisés sur le marché du travail grâce à l’amélioration de leurs compétences sociales. Les activités sportives ont été utilisées comme outil médiateur de cette acquisition. La typologie conative de Gilles Bui-Xuân (1993) a servi de grille d’interprétation commune. Si les résultats sont à mesurer avec prudence, ils font néanmoins apparaître des données significatives intéressantes pour tous ceux qui s’intéressent à l’intervention. En effet, les résultats convoquent les niveaux d’expérience des institutions accueillantes, qui sont traduits en termes d’étapes conatives institutionnelles. Chacune à sa façon, si les médiateurs d’intégration n’y prennent garde, peuvent générer de la violence.
Jacques Mikulovic, Gilles Bui-Xuân, Isabelle Joing et Patrick Colmann, Université du Littoral Côte d’Opale , Laboratoire RELACS ER 3S - EA 4110




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